Les Gens de la Source explore les grands textes religieux, symboliques et philosophiques à la croisée de l'histoire, des langues anciennes, des traditions spirituelles et de la mémoire des civilisations. Non pour réduire les textes à une vérité unique, mais pour les laisser redevenir des seuils.
Le monde que nous laissons se défait plus vite que nos discours sur lui. Rien d'un accident : une trajectoire, tenue par nos habitudes, et qu'aucune main seule n'infléchira. Ce qu'aucun de nous n'arrêtera seul, une attention commune le peut encore, à condition qu'elle se lève.
Nous sommes tous héritiers de ce legs, et tous comptables : pollution, surexploitation, inégalités. Notre impuissance n'est pas une fatalité, c'est un effet : celui de notre propre inaction. Elle fabrique l'inertie dans laquelle quelques-uns agissent à leur seul profit, au détriment d'un ensemble bien plus vaste que notre espèce. Se croire impuissant est déjà une manière de consentir.
Il existe pourtant une perception plus ample que celle dont nous usons. L'hyperception : un regard qui éclaire ce qu'il rencontre au lieu de le classer, et qui rouvre avec le vivant une relation dans une langue antérieure aux mots : celle que nous parlions avant de savoir nommer. Cette faculté n'est le privilège de personne. Elle est humaine, disponible, et il est temps qu'elle revienne au centre de nos manières de vivre.